La tragédie de "Baptiste" de Roland Brisset, transformée à l’antique d'après un original latin de Buchanan, composée en cinq actes et doctement développée tout le long de ses 1772 vers, relève du genre noble qui seul assume la destinée de ses personnages pour la mener et la représenter jusqu’au bout. Jean Baptiste est l’homme nouveau, que sa dissidence même face aux traditions dominantes conduit à la catastrophe. Les Scribes avancent, scène après scène, en profondeur intérieure, depuis le rigorisme de la Loi vers une conscience de plus en plus tragique de la perte de leur stabilité. Ils se doutent de la nouvelle ère qui s’annonce et qui les bouleverse. Leur hostilité contre le jeune dissident finit par offrir «la main forte» ‒ «auxilium» dans le texte latin ‒ au pouvoir monarchique presque malgré eux, par leur excès de colère ou par cette méprise qui fait d’eux des lâches et des responsables en même temps. Le Roi, ayant auparavant manqué aux règles morales, porte sur lui la tache d’une faute et le poids d’une dégénérescence inévitable vers le tragique de la tyrannie et le revers définitif de sa fortune. Tous en sortent vaincus, sauf la reine Hérodias, qui incarne la perfidie, la fureur, la vengeance qui a toujours partie gagnée dans la tragédie.

Roland Brisset, Baptiste, texte édité et présenté par Anna Bettoni

BETTONI, Anna
2020

Abstract

La tragédie de "Baptiste" de Roland Brisset, transformée à l’antique d'après un original latin de Buchanan, composée en cinq actes et doctement développée tout le long de ses 1772 vers, relève du genre noble qui seul assume la destinée de ses personnages pour la mener et la représenter jusqu’au bout. Jean Baptiste est l’homme nouveau, que sa dissidence même face aux traditions dominantes conduit à la catastrophe. Les Scribes avancent, scène après scène, en profondeur intérieure, depuis le rigorisme de la Loi vers une conscience de plus en plus tragique de la perte de leur stabilité. Ils se doutent de la nouvelle ère qui s’annonce et qui les bouleverse. Leur hostilité contre le jeune dissident finit par offrir «la main forte» ‒ «auxilium» dans le texte latin ‒ au pouvoir monarchique presque malgré eux, par leur excès de colère ou par cette méprise qui fait d’eux des lâches et des responsables en même temps. Le Roi, ayant auparavant manqué aux règles morales, porte sur lui la tache d’une faute et le poids d’une dégénérescence inévitable vers le tragique de la tyrannie et le revers définitif de sa fortune. Tous en sortent vaincus, sauf la reine Hérodias, qui incarne la perfidie, la fureur, la vengeance qui a toujours partie gagnée dans la tragédie.
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