Au coeur de la réflexion que nous proposons se trouve le thème général du rapport entre les transformations des bases sociales de la démocratie et celles de sa configuration politique. Relatifs à cette question, deux facteurs nous semblent particulièrement significatifs, en eux mêmes et par la manière dont ils interagissent entre eux: le phénomène migratoire et le travail. Le premier, les processus migratoires, agit sur les structures matérielles du social — la combinaison démographique, la stratification sociale, la composition sociale du territoire, les dynamiques d’accès aux services de première nécessité et ainsi de suite — qui viennent ensuite nourrir le changement politique. Le deuxième facteur, le travail, nous sollicite car nous considérons qu’en dépit des messes de requiem trop rapidement célébrées sur la prétendue « fin du travail », il continue d’être un terrain fondamental dans lequel les individus font l’expérience du monde, dans sa combinaison quotidienne de contrainte et de possibilité, d’assujettissement et de subjectivation (y compris politique), d’hétéro-direction et d’émancipation, en contribuant de manière très significative aux bases matérielles et symboliques du rapport entre société et politique. Le travail constitue en effet un domaine d’expérience crucial pour l’élaboration de catégories et la mise en oeuvre de schèmes de signification qui ont ensuite de profondes répercussions structurelles sur l’exercice ou non de sa propre capacité de protestation dans la sphère publique3, et par voie de conséquence dans la sphère plus spécifiquement politique.

Frontières mobiles. Processus migratoires, travail et reconfiguration de la politique

BORGHI, VANDO;Devi Sacchetto
2019

Abstract

Au coeur de la réflexion que nous proposons se trouve le thème général du rapport entre les transformations des bases sociales de la démocratie et celles de sa configuration politique. Relatifs à cette question, deux facteurs nous semblent particulièrement significatifs, en eux mêmes et par la manière dont ils interagissent entre eux: le phénomène migratoire et le travail. Le premier, les processus migratoires, agit sur les structures matérielles du social — la combinaison démographique, la stratification sociale, la composition sociale du territoire, les dynamiques d’accès aux services de première nécessité et ainsi de suite — qui viennent ensuite nourrir le changement politique. Le deuxième facteur, le travail, nous sollicite car nous considérons qu’en dépit des messes de requiem trop rapidement célébrées sur la prétendue « fin du travail », il continue d’être un terrain fondamental dans lequel les individus font l’expérience du monde, dans sa combinaison quotidienne de contrainte et de possibilité, d’assujettissement et de subjectivation (y compris politique), d’hétéro-direction et d’émancipation, en contribuant de manière très significative aux bases matérielles et symboliques du rapport entre société et politique. Le travail constitue en effet un domaine d’expérience crucial pour l’élaboration de catégories et la mise en oeuvre de schèmes de signification qui ont ensuite de profondes répercussions structurelles sur l’exercice ou non de sa propre capacité de protestation dans la sphère publique3, et par voie de conséquence dans la sphère plus spécifiquement politique.
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